Cinq chemins vers l’action climatique

Quelles sont les forces secrètes qui empêchent les humains d’engager des actions concrètes contre le changement climatique ? J’ai découvert cinq solutions pour surpasser les barrières en faisant d’avantage de ce qui fonctionne véritablement.

Per Espen Stoknes
Professeur associé - Section droit et gestion


KNOWLEDGE @BI: Climate Psychology

C’est dans nos têtes que se trouvent les cinq barrières à l’action climatique

Ce sont les 5 ʺD”: Distance, conDamnation, Dissonance, Déni et iDentité

1. Distance. Le problème climatique reste, de plusieurs manières, éloigné ou distant pour le plus grand nombre. Nous ne voyons pas le changement climatique. Les glaciers qui fondent se trouvent habituellement très loin, de même que les endroits de la planète où se produisent l’élévation du niveau de la mer, les inondations les plus sévères, les sécheresses, les incendies ainsi que d’autres catastrophes climatiques. Ça frappe les autres, à l’étranger, pas moi ni les miens. Et les impacts les plus sévères se feront dans l’avenir – au siècle prochain ou encore plus tard. Malgré que certaines personnes assurent que le réchauffement global c’est ici et maintenant, cela nous semble toujours distant de nos problèmes quotidiens.

2. ConDamnation. Lorsque le changement climatique est représenté comme un désastre intrusif qui résulte fatalement en pertes, coûts, dommages et sacrifices, on préfère éviter le sujet. Nous avons assurément une aversion contre les pertes et dommages. Notre vulnérabilité s’accroît avec le manque de solutions pratiques et les cris de « le loup est là» ne font plus d’effet. Nous avons entendu dire que “la fin est proche” tellement de fois que cela nous laisse indifférents.

3. Dissonance. Si ce que nous savons (par exemple que notre utilisation d’énergie fossile contribue au réchauffement global) est en conflit avec ce que nous faisons (conduire, voler, manger de la viande ou chauffer avec des combustibles fossiles), alors nous entrons en dissonance. Il arrive la même chose si mes attitudes sont contraires aux attitudes des personnes de référence, qui ont de l’importance pour moi. Dans les deux cas le manque de comportements adéquats et de soutien social affaiblissent les attitudes climatiques à long terme. Le mécanisme qui consiste à mettre en doute ou à minimiser ce que nous savons (les faits), nous réconforte simplement sur notre mode de vie. Nos comportements réels et nos relations sociales déterminent donc notre attitude à long terme.

4. Déni. Lorsque nous nions, ignorons ou par ailleurs évitons de reconnaître les faits dérangeants concernant les changements climatiques, nous nous réfugions contre la crainte et la culpabilité. Lorsque nous rejoignons les manifestations de déni et de moquerie, nous nous vengeons de ceux qui critiquent nos styles de vie, qui pensent savoir mieux faire et qui essayent de nous dicter comment vivre nos vies. Le déni est fondé sur l’autodéfense, non pas sur l’ignorance, l’intelligence ni sur le manqué d’information.

5. iDentité. Les actualités sont filtrées par notre identité culturelle et professionnelle. Nous recherchons des informations qui confirment nos valeurs et notions présentes et nous éliminons tout ce qui défie ces valeurs. Par exemple si des gens ayant des valeurs conservatrices entendent de la bouche d’un libéral que le climat change, ils seront moins inclinés à vouloir croire à l’avertissement. L’identité cultuelle surpasse les faits. Si de nouvelles informations nécessite une changement d’attitude, il y a de fortes chances pour que cette information ne passe pas. Il œuvre une résistance aux appels au changement de notre propre identité.

Ces “cinq D” sont donc tous substantiels et rigides. Lorsqu’ils agissent ensemble ils semblent concentriques autour de la forteresse du « moi », avec Distance comme la première ligne de défense et l’iDentité comme étant la défense interne, intime et finale. Jusqu’à aujourd’hui ces « 5D » ont mis tout communication sur le climat en échec.

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Cinq stratégies qui motivent et incitent à la communication climatique
Par chance des sociologues ont découvert comment passer outre ces barrières en faisant d’avantage de ce qui fonctionne dans la réalité ; ce sont des stratégies plus positives et motivantes.

J’en ai fait la synthèse dans ces 5 solutions:

1. Réseaux sociaux. Nous devons utiliser la puissance des réseaux sociaux pour faire passer les messages climatiques. La « pression des pairs » est une chose puissante. Dans une expérience classique, des chercheurs ont placé un panneau dans une chambre d’hôtel qui disait que 75% des clients de cette chambre avaient réutilisé leurs serviettes. Le taux de réutilisation monta remarquablement. Dans une autre chambre il y avait cependant un autre panneau demandant aux clients de réutiliser leurs serviettes afin d’économiser de l’eau, et cela eut peu d’effet. Nous les humains voulons ressembler à ceux qui nous entourent – à nos pairs. Nous devrions donc souligner des personnalités populaires qui agissent correctement, par exemple comme le font Green Sports Alliance. Nos pairs sont aussi les meilleurs messagers pour obtenir des changements d’attitude sur le changement climatique au travers de conversations en face-à-face.

2. Encadrements de soutien. La plupart des messages sur le climat sont délivrés dans un emballage de catastrophes, coûts et sacrifices. Certaines études ont découvert des encadrements qui génèrent plus de soutien pour les thématiques liées au climat. Nous trouvons en premier lieu les encadrements de la santé, des assurances et des opportunités. C’est à dire que le climat est en réalité un problème de santé, non pas de sacrifice. Le changement climatique est riche en opportunités au lieu de coûts et nous devrions en parler d’avantage en tant que problème d’assurances et de gestion de risques plutôt que d’une catastrophe imminente.

3. Actions simples.  Au quotidien il est difficile de prendre des décisions favorables au climat: nous nous retrouvons piégé par les voitures, les bâtiments et les aliments qui ont une intense empreinte fossile. Mais en y mettant des « coups de pouce » nous pouvons rendre les décisions favorables au climat – pour l’énergie, les aliments et l’électroménager – les choix faciles par défaut. La disponibilité, la saillance et les rappels adéquats peuvent rendre les options climatiques plus aisées. En rendant le fait d’acheter et de vivre « vert » plus simple pour tous, nous renversons la dissonance et apporterons du soutien pour cette politique.

4. Changer de disque. Nous sommes fatigués d’écouter le discours du climat apocalyptique avec les ours polaires qui se noient et d’entendre que nous avons tort. L’enfer ne vend pas. Nous avons besoin de narratifs sur des entrepreneurs et des scientifiques qui réussissent avec de nouvelles méthodes. Nous devons présenter des visions et des narratifs qui décrivent une société ayant une croissance verte avec des vies meilleures, des villes plus intelligentes autour desquelles la nature redevient sauvage d’une manière durable et résiliente.

5. Signaux. Finalement, nous devons mettre moins l’accent sur les indicateurs globaux d’accélération de l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère ou de la vitesse de fonte de l’Antarctique. Nous avons plutôt besoin de nouveaux signaux et d’indicateurs qui nous permettent de savoir que notre société fait des progrès dans ses réponses aux crises. Des signaux fait sur mesure afin qu’ils soient ressentis comme personnels en mesurant combien les compagnies, les villes, les états, les amis et nous-mêmes contribuons – chaque mois ou chaque jour – à la grande « révolution verte».

Dans ce contexte il existe aussi toute une panoplie d’alternatives et d’initiatives dans la lignée de ces 5 stratégies qui sont essayées et testées aujourd’hui. Ces stratégies sont plus positives puisqu’elles sont d’avantage connectées aux besoins d’optimisme et de lueur d’espoir des humains.

Références:
Per Espen Stoknes(2015): What We Think About - When We Try Not To Think About - Global Warming; The New Psychology of Climate Action. Chelsea Green Publishing.
http://www.chelseagreen.com/what-we-think-about-when-we-try-not-to-think-about-global-warming

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